Code du Travail : Une défaite en raz de campagne

Quelques infos avaient fuité. Depuis hier, elles sont confirmées. Rares sont les grandes organisations du pays qui s’opposent à cette incroyable refonte du Code du travail.

Notre déception ne vient pas des Jupitériens. Avant et après la joute électorale nous le savions. Désormais, ils l’ont fait. D’ailleurs, comme l’a si bien réclamé le patron des patrons à l’occasion de leur 19e université d’été sur le campus oh, combien symbolique d’HEC, à Jouy-en-Josas, il faut aller « jusqu’au bout pour simplifier ce Code« . Hé oui, comment s’attendre à autre chose dans la bouche de ce syndicaliste patronal qui était, pour la circonstance, en parfaite concordance avec ses autres collègues du considérable groupe des PME-TPE ?

La trique est légalisée et bientôt mise en place. Il ne reste plus qu’à nos petits et grands chefs de l’économie et à leurs petits bras chargés des soit-disantes « ressources humaines » de s’en emparer pour – restons polis – pressurer ce formidable vivier des travailleurs.

Côté opposants, il n’y a pas foule d’organisations. Le vent tourne malheureusement du mauvais côté. La révolte politique ressemble étrangement à ces avis de tempête qui ne sont que des fausses alertes, attendues mais jamais là où on les attend et puis tellement insignifiantes…

Cette opposition reste à l’image de celle que révèle le monde syndical. Une fois de plus, nous enregistrons la progression de la gangrène qui le ravage et ce, constatons-le, depuis déjà de très nombreuses années. L’invention du réformisme a pour cela été un lent mais extraordinaire levier de dépossession.

Alors, le grand ponte du Medef peut continuer à l’affirmer haut et fort : « il est important que nous continuions notre combat sur la baisse du coût du travail, sur la fiscalité nationale et sur la fiscalité territoriale ». Il ne peut mieux dire car tout semble aller dans ce sens… pour le meilleur des mondes capitalistes.

Hourra ! devrait-il prononcer. Mais pour tous les travailleurs, tous les petits et tous les laissés pour compte, cette fin d’été ne sera pas à marquer d’une pierre blanche. Vraiment !

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Guerre à la guerre !

6,4 milliards de dollars par mois de dépenses militaires américaines.

Vous avez bien lu : ce sont les dépenses très officielles des États-Unis pour répondre à ses engagements dans les opérations extérieures.

Le Canard enchaîné, du 23 août 2017, n’hésite pas à préciser qu’il s’agit de « l’équivalent du prix d’un demi-porte-avions nucléaire ou celui de 55 (avions) Rafale. Et le double de ce que réclamait récemment l’ONU pour faire face à plusieurs situations de famine en Afrique

Armée 2012

Alors, les amis, faut-il encore jouer les bons samaritains en donnant notre obole à des ONG comme Action contre la faim, Médecins sans frontières, Handicap international, etc., etc. ? Non. Il faudrait que s’élève une voix forte et collective par laquelle on se décide enfin de rompre avec ce sentimentalisme débile ouvrant les porte-monnaies et soulageant, à bon compte, notre conscience humanitaire.

Le remède d’une bonne part de nos maux est bien là. Arrêtons de se doter des moyens qui maintiennent ce jeu de massacres. La paix se construit autrement. Sans aucun doute, les conditions du bien-être ne s’en porteraient que mieux.

Linkysition

Une fois de plus, EDF a décidé de plomber un peu plus ses comptes et, du même coup, faire partager ses errements au consommateur à qui elle semble ne laisser guère le choix.

Plusieurs associations sont sur le pont, militant pour refuser ces nouveaux compteurs qui coûtent fort chers, qui émettent des fréquences dérangeantes et qui espionnent les utilisateurs. Comment ne pas être admiratifs face à cette merveille nauséabonde de cette société du fric à tout crin.

Heureusement, l’opposition grandit. Signalons cette pétition de CyberacteursLinky.

Mais, il existe bien d’autres acteurs anti-Linky comme ce site : refus.linky.

Pour faire bref, notez les coordonnées de ce cabinet d’avocats Artemisia : 51, av. Poincaré, 75116 Paris – Tél. 01.56.89.86.00 – courriel : contact@artemisia-lawyers.com. Spécialisés sur la question, des documents destinés aux particuliers ou aux communes sont en ligne sur leur site.

Un nouveau média

Cela fait toujours plaisir de voir un nouveau média, qui plus est libertaire… Toute un programme dans le cadre de cette « révolution » en marche. Encore un président qui a découvert le mouton à cinq pattes… Mais encore un qui gruge qui le veut bien en laissant sur le tapis des millions de « gogos » qui osent y croire.

En attendant, déplorons encore qu »il y a toujours des pigeons …et ceux qui profitent des pigeons.

Allez voir ce site, même si j’ai comme une vague impression de revoir un mauvais film.

https://rapportsdeforce.fr/sncf-a-cree-centaines-de-filiales-mieux-preparer-demantelement-transport-ferroviaire/

 

Adogma n° 2 vient de paraître

Mots-clefs

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Un deuxième numéro de cette revue (éditée par l’Association des Libres Penseurs de France) tout aussi surprenant que sa première livraison.

Avec comme thème le rationalisme, voici un numéro taillé à notre mesure. Reconnaissons que la qualité des auteurs crée déjà un signal fort. Leurs articles ne peuvent donc qu’interpeller tous ceux et celles qui s’intéressent à cette question centrale.

Comment, à l’occasion de ces deux mois d’été, ne pas vous en conseiller la lecture ?

Adogma 2 Couverture

Élections : discrédit et illusion totale !

2-10

Quand on fait le calcul, c’est la moyenne d’électeurs ayant votés pour la plupart des députés qui vont siéger à l’assemblée. Cela ne fait qu’amplifier notre analyse du premier tour et, il faut le dire, démontrer, pour ceux et celles qui veulent le voir, la médiocrité patente de ces nouveaux représentants dits « populaires » élus.

La honte ne semble guère les gêner car, indépendamment de ce faible score, ils visent ce pouvoir attaché à la fonction avec évidement, en plus, revenus, indemnités et un montant de retraite qui en découlent.

D’autre part, comment ne pas se rappeler combien la non proportionnalité ne reflète pas la réalité exprimée ? Si elle était appliquée correctement, c’est-à-dire intégralement, nous n’aurions qu’une assemblée composée de 38 % d’élus se maintenant avec ce score aberrant du deuxième tour, assemblée qu’il faudrait découper au prorata des listes engagées. Autant dire que nous avons une démocratie complètement artificielle et fictive qui reste bien installée pour – surtout ! – ne rien changer, sinon à la marge, autant dire  presque rien…

Une république qui ne marche plus

Elections c’est le chiffre des exprimés. Quid des 53 % restant, c’est-à-dire les absentions et les blancs ! Une fois de plus, constatons que les médias ont emballé la marchandise – le résultat – dans un beau et scintillant paquet cadeau, de manière à nous faire avaler l’amère pilule. Malgré une déroute absolue atteignant un score étonnant, nonobstant une décrédibilisation patente, nos politicien-nes s’accrochent comme des mollusques au rocher de leur prétention de gouvernance.

En marche ! Pourquoi, la France serait-elle en situation d’arrêt absolu ? Les Républicains : des jacobins new look dont les dents n’en finissent de rayer le parquet. Ce Front ou plutôt cet Affront national que seuls une flopée d’abrutis en tout genre vénère comme la venue d’un nouveau messie politique ? Ce PS qui n’a de socialiste que dans les discours flonflons de préaux d’école. Ces « redoutables«  Insoumis, tueurs de mouches qui ont perdu depuis longtemps leur virginité. Enfin, ces Verts à la rhétorique menteuse guignant toujours un strapontin ministériel. Tous possèdent une très étrange conception de la « res publica«  et tous, sur ce sujet, utilisent la même partition mettant en musique les notes d’une société de classes.

Même si ce score de 53 % ne change rien, il nous paraît excessivement révélateur. Toutefois, cela n’empêche pas que dans une semaine la messe sera dite, les postes attribués, et la ritournelle continuera de plus belle… jusqu’à ce que le système trouve de nouveaux repères politiciens.

Inutile de se projeter dans un temps futur, celui dans lequel le macronisme verra sa fin de cycle de vie et qu’il tirera sa dernière révérence face à de nouveaux conquérants dépositaires d’une rhétorique différente. Il y a peu d’espoir que ces derniers deviennent, enfin, les fossoyeurs d’un système de dupes qui, pour nous, n’a que trop duré.

Les urnes ont parlé : série 3. Fin d’épisode

Sans gueule de bois, mais en mal de ne plus entendre ces grandes proclamations de foi électorales, je me suis pris à relire un vieil ouvrage des années 1920 : Jéroboam de la finance. Signé par Paul Laffitte, voici un personnage, à la fois auteur et éditeur (Editions de la Sirène), assez surprenant et, pour l’heure, particulièrement prophétique.

A mon avis, laissons le raconter. Presque un siècle après, peut-être serez-vous sans doute étonné que nous en sommes toujours au même point ? On ne peut que constater qu’une révolution, la cosmique, du moins, s’établit toujours sur une rotation de 360 degrés.

Macron

« Les Croque-Lardons de Phynance.

Le loup devenu berger.

Le loup est devenu berger. Tout comme celui de la fable il a endossé un hoqueton, a pris la houlette et la cornemuse, et, ainsi, attifé, il s’en est allé parmi les moutons et les brebis dont il s’est dit l’ami et le conseiller. Il a pris les titres de guide, de conseiller, d’ami des rentiers, des capitalistes, de l’épargne : à l’aide de ces mots et de quelques autres où se marque une grande franchise, l’intérêt violent qu’il porte au bien d’autrui ou le dévouement d’un bon serviteur, il a fabriqué un nombre considérable d’étiquettes qu’il a mises sur son chapeau : c’est moi qui suis Guillot*, le conseiller des moutons. Et les moutons, le voyant parmi eux, l’ont écouté. Il leur disait de si belles choses ! Mais ils n’observaient point que de jour en jour le troupeau diminuait, tandis que s’engraissait le sycophante.

Mais, pour avoir duré plus longtemps que son compère de la fable, le loup métamorphosé était cependant condamné. Car, le stratagème ayant réussi, les loups sont venus de toutes parts ; il en est venu des steppes de la Russie, des villes de l’Allemagne, des plaines de la Hongrie ; il en est même venu quelques-uns d’Angleterre, attirés sans doute par ce que leur grand journal « The Times«  appelle fort justement « la hideuse plaie française ». Leur nombre ainsi accru a multiplié les victimes : les hécatombes furent telles que les moutons de l’épargne s’aperçurent enfin que ces loups déguisés étaient plus dangereux encore que les autres. Le jour est venu où le loup ne trompe plus personne, où il ne trompe même plus sa faim. »

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* Sans doute fait-il référence à Adolphe Guillot, magistrat charitable qui prendra faits et cause pour la protection de l’enfance ?

Les urnes ont parlé : série 2.

Nous pensions en avoir fini avec ce premier tour électoral lorsque nous avons eu le plaisir de recevoir le commentaire ci-dessous de Bruno Menguy. Nous ne sommes pas d’accord mais, reconnaissons-le, ces arguments sont étayés et pas inintéressants. Exceptionnellement, cela justifie que nous les publions in extenso. Au lecteur de se faire son avis.

Contrairement à ce qu’affirme Bruno, nous n’avons aucune fierté dans cet abstentionnisme qui, dans le contexte institutionnel, particularise notre attitude. Il est – toutes proportions gardées – de la même veine que celle des citoyens, des étudiants ou des travailleurs qui, à un moment donné dans leurs rapports de lutte, rendent inopérant le pouvoir en refusant le dialogue avec ses dirigeants. Il n’y a donc pas une bonne méthode mais plusieurs. Cela reste fonction des hommes et des circonstances. De plus, cela ne saurait nous faire pleurer sur les malheurs de tel ou tel candidat déchu qui, de toutes les façons, reste tôt ou tard la proie d’un système particulièrement puissant et dévorateur. Des exemples anciens ou plus récents, comme en Amérique latine ou en Europe, nous le confirment.

Ce débat a le mérite de poser le problème du compagnonnage avec ceux et celles qui se considèrent comme des « insoumis » au système.

« Cher Roland,

Si je ne suis pas étonné de la teneur de tes deux derniers textes (Sarabande et Les urnes), comme je me suis également infligé la lecture du dernier Monde Libertaire consacré aux élections, ainsi que le dernier Onfray (je dis dernier qui date de mars 2017 sans être certain que ce graphomane n’ait pas déjà repondu), je dois dire que dans les trois cas me sont venus le goût de l’amertume, de la fausseté (pour ne pas dire de malhonnêteté), de l’irrationalité, du fatalisme, du dépit, de l’impuissance, des « passions tristes » comme aime à les voir chez les autres Onfray. Presque à l’identique, les candidatures (« ouvrières »?) Poutou et Arthaud, leur défaitisme de témoignage érigé en gage de bons sentiments , m’affligeaient tout autant que l’abstinence anarchiste.

En relisant le « manifeste des 60 » pour les candidatures ouvrières de 1864, animé par Tolain et qui suscita l’ouvrage posthume de Proudhon « De la capacité politique des classes ouvrières » je mesure non-seulement ce qu’il y avait de pertinent dans l’interpellation de Proudhon, au demeurant respectueuse et lumineuse, ce qui y demeure d’actualité (absence totale dans nos actuelles assemblées d’ouvriers, d’employés, de paysans, d’artisans sans parler des jeunes et des femmes), mais ce qui distingue profondément la modeste revendication des « 60 » par rapport d’une part aux droits sociaux actuels et aux contenus programmatique d’actuelles candidatures.
Je veux dire par là que la technique de l’abstention doit s’apprécier comme une modalité de vote mais certainement pas comme une posture morale identique à elle-même dans le temps et en toutes circonstances.

Autant vous dire, cher(e)s camarades anarchistes, tous si fiers de votre abstentionnisme qui vous mettrait à l’abri de toute responsabilité collective ou individuelle, que comme hommes et femmes conscients, plus que d’autres peut-être, des dérives toujours possibles des jeux démocratiques, vous vous devez non pas de pousser cette fébrile démocratie à ses pires penchants mais à l’en préserver pour le bien de tous. Ce n’est d’ailleurs pas si extraordinaire, des millions de personnes à des titres divers le font quotidiennement sans se prévaloir d’idéologie et, ce faisant, elles font société et la maintienne respirable.

L’indifférentisme et, plus simplement, le mépris que vous affichez pour la geste électorale, vous range plus sûrement du côté des partisans d’un vote censitaire à moins que vous ne préfériez pour lever toute ambiguïté, les dynasties bien assisses.

Votre posture, car c’en est une, tend à prêter de l’intelligence et de la profondeur à un non-acte puisqu’il n’est porté par aucune dynamique ni aucune force susceptible de l’incarner ; c’est une posture car elle n’interroge jamais les circonstances politiques et sociales, encore moins les programmes des postulants, tous réduits à de stériles bavardages et à un concourt de bobards ; posture et imposture enfin puisque qui peut le plus (vous les auto-proclamées « minorités agissantes » et autres « avant-gardes éclairées ») peut le moins et peut surtout accompagner dans ses efforts la population la plus avancée et déterminée à ne pas se faire tondre.

Clairement, à l’occasion de cette présidentielle, le candidat Jean-luc Mélenchon, avec ses « insoumis », leur programme et leur intention, portaient et incarnaient un programme digne pour l’avenir et rationnellement profitable au plus grand nombre. Malgré vos éternels quolibets cette candidature a réuni plus de 7 millions de voix, à quelques encablures (600 000 voix ) d’une présence au second tour. C’était une fenêtre de tir, jouable pour ne pas être l’éternel camp des vaincus, jouable car la configuration est rare, jouable car l’indispensable 3ème tour social, auquel vous ne manquerez pas de prendre votre part avec vos immenses troupes (!) aurait disposé d’un appui fort, plutôt que d’une hostilité.

Faites le compte, confrontez-vous au réel camarades, la victoire de Mélenchon aurait coincidée avec l’abrogation des lois El Khomry et Macron, avec l’arrêt des grand projets inutiles (Notre Dame des landes …), avec un retour de principe à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations, à une restauration d’un pouvoir de vie pour les plus modestes, à une législation favorable aux coopératives ouvrières, à un serrage des gourmandises financières des hauts cadres et dirigeants, à une véritable bifurcation vers une société écologiste et dénucléarisée progressivement, pour un retrait de l’OTAN, pour un neutralisme pro-pacifiste et de coopération sur l’aire internationale, à une sanctuarisation du droit des femmes à disposer entièrement de leurs corps, à contrevenir au laxisme vis à vis des forces de l’ordre défaillantes soit dans leurs violences soit dans leurs abus de pouvoir, à restaurer une laïcité claire et non stigmatisante, à prendre en charge et en compte enfin la diversité humaine de la France contemporaine pour dissoudre les communautarismes de replis et éteindre les discriminations, pour reprendre une gestion humaine et rationnelle des fonctions publiques en vue du bien collectif, pour une entreprise démocratique d’ampleur vers la convocation d’une constituante, pour quantités d’autres petites libérations des tracasseries policières et administratives qui pourrissent le quotidien (légalisation du cannabis, gratuité des transports publics, garantie de l’accès à l’eau, gratuité dés 3 ans de la scolarité, loi sur la fin de vie, etc.). Enfin, une initiative forte aurait été prise vis-à-vis de l’Union Européenne en mettant dans la balance l’engagement de la France contre une harmonisation fiscale et sociale, une extermination des paradis fiscaux et une mise au service du bien collectif des pouvoirs d’action de la Banque Centrale Européenne.

Il faut donc être ignorant, malhonnête ou hostile (?) à ce programme pour s’en détourner. Il n’est pas révolutionnaire (quoi que!) mais il est évolutionnaire, va dans le bon sens, n’endeuille pas l’avenir, aide à penser mieux encore, encourage à l’enrichir, à l’amender, à le prolonger.

Quelle belle place vous auriez pu y prendre, en investissant les « insoumis », en vous mélangeant un peu aux autres, en cessant de jouer la carte de vos puretés idéologiques, en considérant le possibilisme comme un honneur, en vous réhumanisant en sortant de vos tribus hermétiques , crânes mais vouées à la mort (que vous conjurez par votre goût compulsif pour l’archive).

D’évidence, même si rien n’est mécanique, les seules candidatures des « trotskystes » et votre abstentionnisme proclamé ont suffit à éliminer Mélenchon de la course pour le seul bonheur de nos ennemis résolus, eux !

L’échéance qui vient n’est pas sans dangers, nous nous retrouvons avec une confrontation entre les fossoyeurs des acquis sociaux de dizaines d’années de luttes et de législations positives et les gros malins fascistes, déguisés en « amis du peuple » qui pour amplifier leur emprise ne rechignent à aucune annonce enjôleuse doublée de menaces terribles pour tout ce qui n’est pas blanc et convient malheureusement à une fange minoritaire mais audible de l’opinion publique.

Mais là, il n’y a plus mèche, chacun peut bien faire ce qu’il veut, on l’a dans le cul.
Je m’abstiendrai et alors ? Et vous, vous reprendrez votre antienne confortante mais inopérante, pas « dégagiste » mais habituellement habituée à votre paysage que vous avez renoncé à modifier , en attendant votre « Godot », la « sociale » !

L’anarchiste que je demeure est affligé des guerres picrocholines que vous semblez préférer entre personnalités du mouvement et officines plus ou moins durables au combat collectif contre les obstacles réels aux petits et grands élans pour l’émancipation qui est une œuvre de tous les jours sous diverses modalités.

Un grand bonhomme vient de mourir, le samedi 22 avril, Miguel Abensour, pourfendeur de la quiétude idéologique, amis des utopies, divulgateur des productions de « l’école de Francfort », proche de Lefort, Clastres, Castoriadis, auteur de magnifiques travaux sur La Boetie, Saint-Just, Harendt, Blanqui, celui qui osa dans notre modernité affirmer que la démocratie était toujours « la démocratie contre l’État », mais qui savait que nous vivions sous État et que, conséquemment, le combat des révoltés était une tension entre le principe de réalité, l’utopie créatrice et le principe de possibilité. Pourvu qu’il soit bien lu, mieux que de plus anciens.

Bien à vous.

Bruno M.

Paris, le 26 avril 2017 »

Les urnes ont parlé, une fois de plus !

Malgré le silence assourdissant des médias, les déroutes droite et gauche institutionnelles ont bien eu lieu. Il ne pouvait en être autrement.

Sans rentrer dans les tambouilles et les analyses politiques que les « spécialistes », cette nouvelle caste de gourous, nous rebattent les oreilles, nous pouvons au moins faire un double constat. Si Fillon, s’était allié à Debout la France, il aurait été, d’une courte tête, le premier, donc au deuxième tour. Perdu ! Encore plus nettement, si le PS, dont la déroute ne faisait aucun doute, s’était rallié aux insoumis, Mélenchon aurait été le grand gagnant de cette journée électorale. Vlan ! perdu la aussi. Le intérêts des apparatchik ont prévalu et expliquent que, pour ces deux là au moins, cela se soit mal passé. La déception s’est invitée au rendez-vous. Les intérêts des barons de la politique sont bien trop forts et la conservation, le reclassement de ceux-ci a donc commencé à s’opérer. C’est déjà le cas au PS et chez les amis de Sarkozy, mais pas seulement. Il faut s’attendre à ce que cela se poursuivre dans les semaines et mois à venir même si, très certainement, cela ne changera pas la physionomie générale du système en place.

Aujourd’hui, nous avons ce triste reflet d’une France dans laquelle circule dans ses veines un flux primordial profondément conservateur. Au lendemain de ce premier tour, c’est notre troisième constat. C’est tout simplement mathématique : il suffit d’additionner les scores de Macron, Le Pen, Fillon et Saint-Aignan pour s’apercevoir que plus de 70 % des votants s’expriment en faveur de cet éventail allant d’une droite modérée, bon teint, à sa frange la plus extrême. Le dernier quart des électeurs se trouve à gauche avec tout ce que cela suppose de bon… et de moins bon.

Le réalisme nous oblige à dire que cette mascarade n’est, malheureusement, pas en voie d’extinction. Plus que jamais, malgré le fort vent de face qui ralentit notre marche, il faut continuer à développer des réflexes d’abstention et du vote blanc marquant ainsi notre refus de participer à un ordre établi qui n’est et ne sera jamais le nôtre.