Pas d’excuses Pénélope

oxfam

L’ONG Oxfam a établi un rapport 2017 accablant. En guise de présentation de ce document, nous vous en communiquons un bref extrait :

« … Depuis 2015, les 1 % les plus riches détiennent autant de richesses que le reste de la planète. En France, les 1 % les plus riches détiennent 25 % des richesses nationales.

À l’heure actuelle, seuls huit hommes détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. En 2016, seuls 21 milliardaires possèdent autant que les 40 % les plus pauvres de la population française.

Au cours des 20 prochaines années, 500 personnes transmettront plus de 2 100 milliards de dollars à leurs héritiers, soit plus que le PIB de l’Inde, un pays qui compte 1,3 milliard d’habitants.

Les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollars par an entre 1988 et 2011, tandis que l’augmentation des revenus des 1 % les plus riches était 182 fois supérieure. En France, alors que le niveau de vie mensuel moyen des plus riches a progressé de 272 euros de 2003 à 2014, celui des plus pauvres a diminué de 31 euros.

Un PDG d’une entreprise du FTSE 100 (les cent entreprises britanniques les plus capitalisées et cotées à la bourse de Londres) gagne en un an autant que 10 000 ouvriers de l’industrie textile au Bangladesh.

Aux États-Unis, une nouvelle recherche publiée par l’économiste Thomas Piketty révèle qu’au cours des 30 dernières années, le revenu de la moitié la plus pauvre de la population n’a pas évolué, tandis que celui des 1 % les plus riches a augmenté de 300 %.

Au Vietnam, l’homme le plus riche du pays gagne plus en une journée que ce que touche la personne la plus pauvre en 10 ans.« 

La polémique qui agite le marigot français, à propos de Pénélope Fillon, semble complètement décalé… et surréaliste. Nous ne pouvons que le regretter. Malheureusement pour elle, nos pensées se tournent vers ces millions de salariés qui triment pour une rétribution ridiculement dérisoire, et vers ces millions de personnes qui survivent en extrême difficulté économique, non pas dans un château mais à la rue ou sous l’angoisse de la sonnerie d’un huissier.

Malheureusement, il n’y a bien quelques abrutis – c’est bien le mot – et cette petite frange de bourgeois nantis pour justifier ce candidat du conservatisme à tout crin. Alors, il serait enfin temps de procéder à un bon coup de balai et de partager ce qui doit l’être. C’est-à-dire tout ce dont l’économie générale recèle, cette richesse des nations (pour reprendre le titre du célèbre ouvrage d’Adam Smith) et, plus généralement, tout ce que les êtres humains sont aptes à produire en termes d’égalité, de fraternité et de partage.

Vivement que disparaissent tous ces prétendants au pouvoir et leurs féaux puant de leur morgue et de leur arrogance. Allez ouste, du balai ! Sans nous ils ne sont rien, sans eux nous pouvons tout !

Un cortège funèbre anti-IVG

Demain, une énième manifestation anti-IVG foulera le pavé parisien.

Alors que certains hurlent pour affirmer que la loi actuelle est contre la liberté d’expression, disons-le tout net : c’est pourtant ceux-là qui font acte autoritaire en récusant la liberté pour tout être humain de disposer de son propre corps. Ils ont le culot de retourner le concept de liberté en cherchant à interdire tout ce qui la favorise ! Nous avons bien du mal à trouver une once de démocratie dans une telle attitude !

oiesMais, politique quand tu nous tiens ? A droite, il y aura des abonnés absents. A quelques mois des prochaines échéances électorales, hormis les quelques suppôts, bien ancrés à la droite de la droite, il ne fera guère bon de s’afficher dans ce cortège au côté de la pasionaria de ce courant. Je veux parler de cette haute bourgeoise ultra-catho, Madeleine de Jessey, une toute proche du candidat : François Fillon.

Nous avons là, tel Janus, – mais est-ce bien original dans ce conglomérat de politiciens ? – des personnages aux deux visages. Car même si le chef de file de la droite (LR) affirme ne pas remettre en cause la loi existante, il indique tout autant que « philosophiquement et compte-tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l’avortement« . Une façon claire de se positionner « anti » sans pratiquement prendre de position « contre » la législation existante. Encore que cela restera plus tard à vérifier dans les faits…

Oui, cette imprégnation catho se retrouve dans toute la galaxie politique. Il y a à gauche d’étranges personnages baignés dans l’eau du bénitier. D’étonnantes circonvolutions entourent les politiciens de tous poils. Pas étonnant donc que les gestations sur la liberté d’expression soient étonnement longues à se mettre en place quand, d’ailleurs, elles se font.

La « marche pour la vie«  ne saurait être celle qui nous est proposée demain.

Alors, pour une fois, disons-le : courage demain, fuyons les grands boulevards !

La conquête du pain

Pour certains, il est bon de rappeler qu’en ces temps de fêtes il existe de bien belles expériences. En l’occurrence ici, cette boulangerie sise à Montreuil (47 rue de la Beaune, 93100).

boulangerie-autogereeEn gestion  directe depuis deux ans, elle témoigne d’un fonctionnement longtemps défendu par le courant anti-autoritaire, qui fut mis en pratique à travers plusieurs expériences et, parmi les plus connues, en Ukraine et en Espagne au cours des premières décennies du siècle précédent.

Longue vie à cette boulangerie et, si vous passez par là, prenez le temps pour ce détour !

En attendant, allez visiter le site de la Boulangerie autogérée.

et sur vidéo : La Conquête du pain

Vallès est là : il revient !

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La revue « Autour de Vallès » sort son quarante-sixième numéro*.

Depuis 1982 il ne paraît qu’une sortie annuelle, c’est dire combien l’équipe éditoriale distille ses études et reste assoiffée par ses recherches et ses multiples études sur cet homme étonnant, ce militant sulfureux, qui laissera à la postérité une œuvre considérable.

Je ne peux que vous inviter à vous procurer ce numéro et ses prédécesseurs, sans aucun doute tous de grande qualité.

Et, après tout, c’est bien la fin de l’année. Alors…

* 30€ le numéro qui inclus l’adhésion à l’Assoc. Les Amis de Jules Vallès.

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Alleluia : 9 décembre… 1905 !

Alors que du haut de toutes les églises vingt-et-un siècles nous contemplent, cent onze ans déjà nous séparent de ce jour où fut voté la loi dite de séparation des églises et de l’État.

Le solde de tout compte ne peut être arrêté définitivement et encore moins effacé de notre mémoire car les soldes intermédiaires, les souvenirs des moments de lutte conservent toujours cet arrière-goût d’amertume. Cent dix ans d’affrontements laïques, tous marquées par des avancées mais aussi par de nombreux reculs de ce processus de laïcité qui s’est répandu très lentement dans tous les domaines de la société civile, justifiant toujours plus la séparation sans équivoque entre sphère publique et sphère privée.

Coup dur pour les églises, particulièrement pour la « catho« , qui disposent toujours et depuis longtemps d’une emprise sur l’enseignement. Comment négliger son poids, son influence et donc sa force de réaction ? Comment oublier toute l’importance et la disponibilité de cette armée, faite de dizaines de milliers de frères, de sœurs et de prêtres constituant un corps de professionnels que n’importe quel parti politique rêverait de posséder ?

Alors flux et reflux quand tu nous tiens… la société ne cesse de subir les assauts de forces religieuses qui jamais ne désarment. Si la « laïque«  n’a pas perdu la partie, reconnaissons qu’elle se trouve salement abîmée. Les attaques diverses dont elle est l’objet vont bien au-delà du périmètre de la cour d’école. Le portail reste grand ouvert et elle subit toutes les influences néfastes qui viennent de l’extérieur. Bien avant 1905, cela faisait déjà écrire à Proudhon : « L’élément le plus ancien du gouvernement, le boulevard de l’autorité, est sans contredit le culte » (in Idée générale de la Révolution au XIXe siècle).

En vérité, même si les enjeux scolaires continuent à cristalliser les problèmes les plus criants de la laïcité, il nous faut aller bien au-delà et, très certainement, entrevoir les causes et les conditions de cet échec partiel de ce qui a été et reste encore le fameux « modèle«  sociétal français. Son usure ne nous semble pas dû aux temps mais aux forces puissantes et dissolvantes qui le rongent et qui conspirent contre elles.

Sans doute devons-nous poser cette question : n’est-ce pas le lot de toutes les grandes réformes et de tous les grands combats des peuples cherchant un avenir meilleur contre l’avis des forces qui les dominent ? Le tout récent film « La Sociale » un autre exemple de ce combat, jamais arrêté, avec les forces de la réaction.

Ce 9 décembre est l’occasion de manifestations multiples. Même des pétitions comme, en ce jour, celle initiée par une organisation de libres-penseurs : la FNLP. Son contenu nous rappelle des pratiques toujours en vigueur. Celles-ci s’écrivent selon le plus petit dénominateur commun qui permet de rassembler un certain nombre de braves laïques, des notables sociaux et – ha !- des intellectuels toujours en verve pour l’obtention de plus de reconnaissance publique. Les auteurs de ces pétitions veulent rester ce centre incontournable de l’union. Bref, il nous joue une ritournelle combien de fois entendue… et – sous-entendu – gare aux autres : l’histoire les jugera !

Bien qu’ayant reçu comme d’autres cet appel, nous nous permettons de décliner l’invitation qui, pour nous et une fois de plus, sent le coup tordu de l’union irréelle..

Une primaire très primaire…

a-vote-2Hé oui, hier soir les dés ont été jetés. Plus que jamais, c’est la droite du toujours plus de conservatisme qui domina cette primaire. Cela nous rappelle quelque chose… Un peu partout dans le monde, lorsqu’un système va mal, ce n’est pas l’eau du bain que l’on jette en premier mais ce satané bébé qui semble bien en profiter.

Hier, ce fut l’histoire des Tordu qui nous a été racontée. Tordu 1 et Tordu 2 sont dans un bateau. Tordu 2 tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ?

M. et Mme Tartignol sont contents. Ils ont le sentiment que leur petit bien, immobilier et autre, chèrement acquis au cours de leur vie de travail, sera mieux protégé ; que la sécurité sera retrouvée et que, enfin, on mettra un terme à cette détérioration du pays. Ils pourront se sentir heureux grâce à Tordu 1 et tous leurs alliés de circonstances. Ces derniers vous les connaissez, il s’agit de cette frange de petite et moyenne bourgeoisie qui a besoin d’être rassurée et qui aspire à rejoindre les grands de ce monde, et aussi de cette frange des sans grade qui croit, dur comme fer, aux vertus bien inculquées de la famille, de la patrie, de l’effort – ha ! l’effort – et de l’autorité – ha ! saperlipopette – sans quoi rien n’est possible.

Oui, M. et Mme Tartignol sont heureux car ils y croient sérieusement. Certes, ils sont quelque quatre millions sur un corps électoral qui en comporte dix fois plus, mais ils conservent le sentiment que cela ne peut que s’amplifier. Demain – peut-être, sans doute certainement ? – ce sera la confirmation de leurs espoirs. D’ailleurs, ils le constatent : partout en Europe et dans le monde, la droite se redresse en mettant à mal les partis d’opposition. Une droite qui surfe sur les mécontentements, sur le maintien des privilèges acquis et sur la toute puissance des capitalistes et des financiers internationaux.

Oui, Tordu 1 et tous ses amis ont repris espoir. Ils peuvent continuer le service de leur tambouille. Tant pis pour les laissés pour compte. C’est la loi de la jungle, celle du plus fort, celle du plus malin. Pour eux, il n’y a pas de lutte finale. La seule qui vaille, c’est d’apparaître comme le plus fort et le plus combatif. Pour eux, c’est la loi de celui qui a réussi parce qu’il a tout sacrifié sur l’autel du profit. Une loi sur laquelle plane d’étranges entités surperpuissantes et éternelles.

Parmi les familles Tordu et Tartignol, nombre d’entre-eux sont passés par la case de l’extrême-droite. Ce fut une erreur, ou plutôt celle d’une jeunesse s’imaginant aventureuse. Mais cela fut vite réparé. Désormais, ils sont pour beaucoup : républicains. C’est vraiment un étrange mot, qui plus est, excessivement galvaudé !

Excusez-moi, je parle beaucoup des Tordu 1 et, malheureusement, pas du noyé : le Tordu 2. Pour l’instant, gloire au plus fort. Alléluia ! En vérité, à son égard je n’ai guère de choses à dire. Il n’y a souvent de séparation que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. La preuve, on ne compte plus les parachutés dans les conseils d’administration des grands groupes capitalistes. Un coup c’est moi, un coup c’est toi. Un zeste d’humanisme mis à part, ils ont un langage ressemblant car ils sortent des mêmes moules. Difficile de ne pas admettre que tous ces Tordu n’entendent pas vraiment briser ces murs et ce plafond qui nous compriment et dans lesquels certains d’entre-nous comprennent mieux la science de leur malheur, donc les limites de leur situation.

Alors, en mai 2017, quel Tordu chavirera du bateau ? Si l’on suit la tendance générale on en a déjà une petite idée… Mais, quel qu’en soit l’issue, comme Sisyphe et son rocher on peut imaginer M. et Mme Tartignol bien heureux du résultat. A moins que d’ici là – laissez-moi rêver – un bon coup de balai oblige à faire place nette !

U.S.A. : l’ordre règne

9 novembre 2016, 8h30 :

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Trump a gagné ! Pourtant, à souhait, les médias relayaient les instituts de sondage pour donner vainqueur sa rivale… En vérité, cette victoire n’est jamais que la confirmation de la médiocrité politique qui règne outre-atlantique.

Après la succession en Europe de plusieurs élections qui vont dans le même sens, comment ne pas constater que c’est une confirmation supplémentaire : l’ordre capitaliste règne en maître dans les principaux États du monde. L’argent a réussi là où le communisme marxiste a échoué.

C’est un bel exemple pour les tenants de la pensée proudhonienne. Aujourd’hui, plus qu’hier, on sait désormais ce qu’il ne faut pas faire.