Philippe Verdon, mort au Mali.

Hervé Gourdel mort en Algérie.

Des morts « parce qu’il était français » nous a dit François Hollande au lendemain de la décapitation de ce dernier otage. Comme si le cocorico était une raison suffisante pour les allumés du jihad. Il aurait pu être belge, allemand, bosniaque, que sais-je encore ?

Des morts pour rien… Des morts broyés par ces monstruosités secrétées par les idéologies : fanatisme, religion, patriotisme et nationalisme de tous poils, asservissement en tous genres. Des morts instrumentalisés par une machinerie mondiale infernale qui enfante la domination et l’exploitation de l’homme par l’homme. Faut-il rappeler la formule de Jean Jaurès : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » ?

Des morts mis en exergue par des médias avides de sensationnel contribuant ainsi à la mise sous tension de l’opinion publique et, indirectement, à l’entretien morbide de la haine de l’autre. Des morts du type « monsieur tout le monde » se trouvant là au mauvais endroit et au mauvais moment. Des morts par hasard, victimes d’un système dans lequel eux aussi participent, passivement, à son maintien.
Certes, en martyrs ils sont morts, mais aussi et surtout en raison de leur qualité de représentant involontaire de ce maudit système que tous nous subissons.

Des morts pour rien, il n’y en a malheureusement plein dont on ne parle jamais : ces ouvriers périssant quotidiennement par de mauvaises conditions de travail, ces tués sur la route malheureuses victimes de chauffard, et toutes ces vies détruites par la violence et la perversité humaine. En bref, tous ces dizaines de milliers d’oubliés par une société « porteuse d’orage » dont la fureur n’a pas d’égale. Ne serait-il pas temps de penser autrement la reconstruction d’un monde nouveau ?

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