Ça y est, c’est parti :

A votre bon cœur Mesdames et Messieurs !

Décidément à cette époque, chaque année me rappelle que je hais toujours davantage ces actes de charité qui détroussent les uns et permettent à l’État de se désinvestir de la solidarité nationale.

Le Monde diplomatique de ce mois-ci publie une longue et intéressante étude sur le sujet. Dès le départ, son chapeau met les points sur les « i » : Depuis trente ans, les gouvernements occidentaux usent de multiples artifices pour réduire leurs dépenses. L’un d’eux consiste à sous-traiter les services sociaux à des bénévoles et à des associations, tout en encourageant la charité privée. Si le Canada, la France et le Royaume-Uni, par exemple, suivent cette méthode, c’est aux États-Unis qu’on trouve le modèle le plus avancé. Désormais majoritaire au Congrès, la droite américaine en a fait un pilier de sa stratégie politique. »

Certes, si l’on compare les montants des dons en France, ceux-ci restent très loin derrière ceux des pays anglo-saxons. Mais est-ce cela l’important ? Le système actuel détourne les élans de solidarité du plus grande nombre afin de mieux masquer le renoncement des services publics. Il sait mobiliser le tissu associatif avec toutes ces braves personnes qui l’animent et cela fonctionne formidablement bien !

Ce ne sont pas les allégements fiscaux, tant aux particuliers qu’aux entreprises, qui changent la donne. Bien au contraire, ces mesures ne sont que prétexte à accélérer ce désengagement de l’État face à ses responsabilités. Là encore, le libéralisme économique induit une grande perversité à travers un dévoiement certain des valeurs collectives.

Voilà pourquoi je hais toujours plus le Téléthon, les Restos du Cœur et toutes les campagnes diverses qui remplissent régulièrement nos boîtes à lettres.

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