La semaine dernière, à l’occasion du 1er tour, les principaux leaders de l’UMPS et du FN avaient constaté une très très légère décrue des abstentionnistes et, au moins sur une chose, ils semblaient d’accord : dans un petit coin de leur cerveau, ils avaient calé les raisons de leur succès.

N. Sarkozy : « ce premier tour montre la profonde aspiration des Français à un changement clair qui commence par les départements ».

M. Valls : « honorable » le score du PS.

M. Le Pen : « Sans implantation locale préalable, avec un seul sortant sur 4000 élus départementaux, le Front national réussit l’exploit de dépasser dans une élection locale son score des européennes ».

Aujourd’hui, à l’issue de ce second tour, le réveil n’est pas aussi flamboyant… Certes, l’UMP embouche la trompette de la renommée et le FN en bon comptable se fait la gorge chaude de son nouveau score, même si son rêve, envolé, de vie en bleu a quelque peu pâli. Qu’en à la gauche bon, passons, est-ce utile d’insister ?

En vérité, les vrais gagnants restent encore et toujours le clan des abstentionnistes et des adeptes du bulletin blanc. Je vais prendre un canton urbain assez emblématique, celui de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Une ville qui porte bien son nom malgré la triste réputation de sa ZUP.

Inscrits : 21712 – Votants : 9181(42,29%)

Tandem Bédier (UMP) : 6515 voix – Tandem Nauth (FN) : 1801 voix

Blancs : 633 voix – Nuls : 233 voix

En nous présentant les résultats en pourcentage, les médias embellissent volontairement cette triste réalité d’une journée électorale : UMP 78,34 %, FN 21,66 %, blancs 6,89 %, nuls 2,53 %. Ces pourcentages apparaissent très présentables car, à souhait, ils masquent la réalité chiffrée des scores. Je pourrais prendre un autre exemple : celui de Vernon, une ville normande, située à une trentaine de km du précédent canton :

Inscrits : 18949 voix – Votants : 8096 (42,73%). UMP : 5180. FN : 2143. Blancs : 578. Nuls : 195.

Préciser qu’être élu à Mantes avec 78,34 % des votants ou à Vernon avec 70,74 % c’est tout de même mieux que d’indiquer que le candidat a été élu avec moins de 30 % du corps électoral.

Une nouvelle fois, constatons que le système démocratique a bien besoin d’être chamboulé. Ne faudrait-il pas recommencer l’élection jusqu’à temps qu’un candidat soit élu avec au moins la moitié des inscrits ? Est-ce que l’on verra un jour l’instauration d’un mandat révocable ? Pourra-t-on supprimer le cumul des mandats ? Quand le suffrage universel direct se fera-t-il pour toutes les fonctions électives ? Une chose semble sûre : tous les tenants du système semblent s’accorder pour ne rien changer, sinon à la marge. Évidemment cela ne peut que nous ramener à la conclusion de notre précédent article : la nécessité d’une révolution, si souvent redoutée mais combien nécessaire.

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