Les nouvelles régions ne feront pas que des malheureux. Tant pis pour les contribuables !

PassivitéJe suis encore à me demander à quoi pourrait bien servir cette nouvelle configuration des régions ? Exaucer un rêve de technocrates jamais en manque de mimétisme pour atteindre une soi-disante masse critique permettant de faire jeu égal avec d’autres régions d’Europe ?

En attendant, nul besoin d’être grand clerc pour supputer ce que coûtera cette hypothétique opération d’envergure.

Les bâtiments existants de nos nouvelles régions vont souffrir d’étroitesse. Comment accueillir les assemblées d’élus ? A Bordeaux, on s’y prépare déjà car la région passera de 85 à 183 conseillers. L’Alsace de 47 à 169, etc., etc. De plus, une nouvelle organisation répartitive des services administratifs verra le jour : les anciennes capitales de fiefs déchues font de la résistance. Bref, que du bonheur pour les aménageurs et les déménageurs.

Des études d’impact seront également nécessaires, pour ne pas dire vitales (ben, voyons !). Par exemple, la revue Capital, média bien informée, prévient ses lecteurs que la Normandie dépensera 1 400 000 € (hors taxes) pour redéfinir « le rapprochement des systèmes d’information«  (800 000 €) et établir « une politique commune en matière de ressources humaines » (600 000 €). Allez zou !..

Si tout cela n’était que l’unique prix à payer, nous pourrions dire : soit, ne soyons pas ronchon à l’excès. Mais c’est oublier que d’autres chambardements, coûteux, ne tarderont pas à pointer leur bout du nez. Les agences de com restent à l’affût et, les unes comme les autres, espèrent bien tirer leur épingle du jeu pour s’occuper de la visibilité des entités régionales : création de logos, réimpression des documents administratifs, nouveaux panneaux et autres supports promotionnels (quel pain béni !).

N’est-ce pas une idée géniale cette grande réforme territoriale ? En ces temps de disette, notre pays, passablement endetté, a bien des soucis pour se mettre au diapason des exigences du capitalisme mondial. A-t-il vraiment besoin de cette réforme administrative qui, on se le demande encore, apportera quoi de plus à la population ?

Il importe de balayer toute cette clique politicienne avec sa méthodologie clientéliste de manière à ce que les forces vives retrouvent le sens d’une véritable solidarité entre elles et offrent aux citoyens et à leurs territoires une coordination intelligente et cohérente, à la dimension de leurs attentes. Prendre et reprendre ses affaires en main, tout simplement.

Publicités