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Hé oui, c’est bien ce qui se passe dans ce monde où tout s’achète et se vend.

Dans ce monde infiniment complexe dans lequel nous vivons, essayons de le comprendre en utilisant des passages obligés : le recours aux « stats« . C’est une extraordinaire modélisation partielle de nos malheurs par les chiffres. Courbe de la croissance – en ce moment c’est plutôt l’inverse – courbe des ventes, courbe des coûts, courbe de l’emploi ou courbe du chômage. Bref, on n’en finit pas d’être courbé, ce qui nous inflige …des courbatures par la faute de ce système qui nous fait trimer. Parmi ces chiffres et tous ces taux qui rythment notre quotidien, il y en a un, bien triste et affolant : celui de la pauvreté. En baisse de 0,3 point entre 2012 et 2013 – quel exploit – il est en quasi stagnation et touche 14 % de la population. Pas de quoi nous rassurer !

Comme, me semble-t-il, je vous sens particulièrement attirer par ces chiffres, permettez-moi de vous livrer les deux tableaux ci-dessous, établis par notre très utile Institut national des stats, organisme chargé dans le cadre de sa mission d’une étude sur les niveaux de vie.

Tranche age

Statut d'activité

Mais comme l’affirme Louis Morin, le directeur de l’Observatoire des inégalités : « L’Insee ne ment pas, mais son regard est incomplet et imparfait » et rajoute-t-il : « cette vision de la situation sociale est très partielle« . Un exemple : entre les plus démunis (3,7 millions) on ne connaît pas les parts précises de ceux qui se rapprochent du seuil de pauvreté, fixé à moins de 890€ par mois, et ceux qui ne touchent que 520€, c’st-à-dire le RSA (ces derniers sont tout de même 1,6 million), Puisque nous sommes dans ces chiffres particulièrement consternants, signalons rapidement que près de 2,4 salariés ont des statuts précaires, que les smicards avoisinent les 3 millions et les mal-logés 3,5 millions.

Toutes ces données, établies pour l’année 2013, parlent de manière éloquentes. Elles témoignent combien l’égalité économique entre tous restent une magnifique chimère dans cette société qui creuse toujours davantage les inégalités entre les classes. Les classes, un mot tabou et complètement obsolète dans le discours actuel. Pourtant, un mot qui reflète bien ce qu’il en est réellement.

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