Qui ne serait pas abasourdi par ces actes justifiés par un déferlement de haines ? Mais poser la question c’est déjà y répondre. Pour autant, face à ce drame terrible, la compassion excessive qui agite le pays me dérange fortement.

2015-11-13-1447455642-8341783-151114_delucq_toutarecommenc_ptNon sans une certaine indécence les médias en font largement leur chou gras. Cette mise en boucle de faits émotionnels ne peut que nous agacer. A chaque fois qu’une catastrophe se déroule, nous avons exactement la même ligne éditoriale qui se répète, ligne qui ne fait que confirmer l’absence volontaire de la part des médias d’objectifs pédagogiques. Nous en connaissons les raisons et, dans ce système mercantile, celles-ci ne sont pas prêtes d’évoluer.

Ce relais reste amplifié par les États et leurs gouvernements respectifs qui nous obligent à subir cet étonnant jeu de dupes. N’oublions pas qu’ils sont les premiers à entretenir de suspectes liaisons militaro-industriels qui contribuent à l’entretien des tensions un peu partout dans le monde. Dans cette partie d’échecs qui se joue au Proche-Orient, mais pas seulement, nous en subissons directement les effets. Oui, nos Etats et les principautés du golfe entretiennent des relations coupables avec ces étranges guerriers qui mélangent allégrement religion et volonté de puissance. Ils contribuent, et la France n’en est pas la dernière, à renforcer les arsenaux des groupes djihadistes.

Nous ne cesserons de répéter autant de fois que nécessaire que toutes les larmes de crocodile qui coulent à chacune de ces occasions n’ont que peu d’impact sur de futures catastrophes. Est-ce bien utile de rappeler ces tout aussi tristes événements que furent les attaques aux Etats-Unis, celle au Japon dans le métro, celle de Charlie, l’explosion récente en vol de l’avion russe dans les airs égyptiens et, il y a deux jours maintenant, ces attentats parisiens ?

Et demain ? Les autorités pourront toujours accroître les contrôles, réduire nos libertés par des lois policières scélérates comme celle sur le renseignement ; elles peuvent continuer à remplir de superbes fiches « S » – et pourquoi pas mettre aussi un gendarme derrière chaque citoyen ? – toutes ces mesures n’empêcheront pas le renouvellement de tels événements.

Séchons nos larmes et prenons enfin nos problèmes à bras-le-corps, c’est-à-dire en commençant par un bon coup de balai !

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