a-vote-2Hé oui, hier soir les dés ont été jetés. Plus que jamais, c’est la droite du toujours plus de conservatisme qui domina cette primaire. Cela nous rappelle quelque chose… Un peu partout dans le monde, lorsqu’un système va mal, ce n’est pas l’eau du bain que l’on jette en premier mais ce satané bébé qui semble bien en profiter.

Hier, ce fut l’histoire des Tordu qui nous a été racontée. Tordu 1 et Tordu 2 sont dans un bateau. Tordu 2 tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ?

M. et Mme Tartignol sont contents. Ils ont le sentiment que leur petit bien, immobilier et autre, chèrement acquis au cours de leur vie de travail, sera mieux protégé ; que la sécurité sera retrouvée et que, enfin, on mettra un terme à cette détérioration du pays. Ils pourront se sentir heureux grâce à Tordu 1 et tous leurs alliés de circonstances. Ces derniers vous les connaissez, il s’agit de cette frange de petite et moyenne bourgeoisie qui a besoin d’être rassurée et qui aspire à rejoindre les grands de ce monde, et aussi de cette frange des sans grade qui croit, dur comme fer, aux vertus bien inculquées de la famille, de la patrie, de l’effort – ha ! l’effort – et de l’autorité – ha ! saperlipopette – sans quoi rien n’est possible.

Oui, M. et Mme Tartignol sont heureux car ils y croient sérieusement. Certes, ils sont quelque quatre millions sur un corps électoral qui en comporte dix fois plus, mais ils conservent le sentiment que cela ne peut que s’amplifier. Demain – peut-être, sans doute certainement ? – ce sera la confirmation de leurs espoirs. D’ailleurs, ils le constatent : partout en Europe et dans le monde, la droite se redresse en mettant à mal les partis d’opposition. Une droite qui surfe sur les mécontentements, sur le maintien des privilèges acquis et sur la toute puissance des capitalistes et des financiers internationaux.

Oui, Tordu 1 et tous ses amis ont repris espoir. Ils peuvent continuer le service de leur tambouille. Tant pis pour les laissés pour compte. C’est la loi de la jungle, celle du plus fort, celle du plus malin. Pour eux, il n’y a pas de lutte finale. La seule qui vaille, c’est d’apparaître comme le plus fort et le plus combatif. Pour eux, c’est la loi de celui qui a réussi parce qu’il a tout sacrifié sur l’autel du profit. Une loi sur laquelle plane d’étranges entités surperpuissantes et éternelles.

Parmi les familles Tordu et Tartignol, nombre d’entre-eux sont passés par la case de l’extrême-droite. Ce fut une erreur, ou plutôt celle d’une jeunesse s’imaginant aventureuse. Mais cela fut vite réparé. Désormais, ils sont pour beaucoup : républicains. C’est vraiment un étrange mot, qui plus est, excessivement galvaudé !

Excusez-moi, je parle beaucoup des Tordu 1 et, malheureusement, pas du noyé : le Tordu 2. Pour l’instant, gloire au plus fort. Alléluia ! En vérité, à son égard je n’ai guère de choses à dire. Il n’y a souvent de séparation que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. La preuve, on ne compte plus les parachutés dans les conseils d’administration des grands groupes capitalistes. Un coup c’est moi, un coup c’est toi. Un zeste d’humanisme mis à part, ils ont un langage ressemblant car ils sortent des mêmes moules. Difficile de ne pas admettre que tous ces Tordu n’entendent pas vraiment briser ces murs et ce plafond qui nous compriment et dans lesquels certains d’entre-nous comprennent mieux la science de leur malheur, donc les limites de leur situation.

Alors, en mai 2017, quel Tordu chavirera du bateau ? Si l’on suit la tendance générale on en a déjà une petite idée… Mais, quel qu’en soit l’issue, comme Sisyphe et son rocher on peut imaginer M. et Mme Tartignol bien heureux du résultat. A moins que d’ici là – laissez-moi rêver – un bon coup de balai oblige à faire place nette !

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