Malgré le silence assourdissant des médias, les déroutes droite et gauche institutionnelles ont bien eu lieu. Il ne pouvait en être autrement.

Sans rentrer dans les tambouilles et les analyses politiques que les « spécialistes », cette nouvelle caste de gourous, nous rebattent les oreilles, nous pouvons au moins faire un double constat. Si Fillon, s’était allié à Debout la France, il aurait été, d’une courte tête, le premier, donc au deuxième tour. Perdu ! Encore plus nettement, si le PS, dont la déroute ne faisait aucun doute, s’était rallié aux insoumis, Mélenchon aurait été le grand gagnant de cette journée électorale. Vlan ! perdu la aussi. Le intérêts des apparatchik ont prévalu et expliquent que, pour ces deux là au moins, cela se soit mal passé. La déception s’est invitée au rendez-vous. Les intérêts des barons de la politique sont bien trop forts et la conservation, le reclassement de ceux-ci a donc commencé à s’opérer. C’est déjà le cas au PS et chez les amis de Sarkozy, mais pas seulement. Il faut s’attendre à ce que cela se poursuivre dans les semaines et mois à venir même si, très certainement, cela ne changera pas la physionomie générale du système en place.

Aujourd’hui, nous avons ce triste reflet d’une France dans laquelle circule dans ses veines un flux primordial profondément conservateur. Au lendemain de ce premier tour, c’est notre troisième constat. C’est tout simplement mathématique : il suffit d’additionner les scores de Macron, Le Pen, Fillon et Saint-Aignan pour s’apercevoir que plus de 70 % des votants s’expriment en faveur de cet éventail allant d’une droite modérée, bon teint, à sa frange la plus extrême. Le dernier quart des électeurs se trouve à gauche avec tout ce que cela suppose de bon… et de moins bon.

Le réalisme nous oblige à dire que cette mascarade n’est, malheureusement, pas en voie d’extinction. Plus que jamais, malgré le fort vent de face qui ralentit notre marche, il faut continuer à développer des réflexes d’abstention et du vote blanc marquant ainsi notre refus de participer à un ordre établi qui n’est et ne sera jamais le nôtre.

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