Mes fidèles – et moins fidèles – lecteurs pourront s’étonner de ce long silence dans ses colonnes. Où est-il ce petit homme, ornant le bandeau du site et tirant sur la corde du grand soir ? Que fait-il ? A-t-il un souci ? Son alter ego l’aurait-il lâché ? Non, la corde reste tendue et n’est pas rompue… Prenons le risque de répondre. Mes Ami-e-s, vous avez raison et tort à la fois.

Comment ne pas considérer que l’actualité reste suffisamment abondante et variée en famines, guerres, immigrations en tous genres, scandales, dangers nucléaires et écologiques, répressions… pour ne pas prendre – un à un – ces événements à rebrousse-poil ? Oui, nous prenons le risque de ne pas faire semblant en rabâchant à longueur de temps des sujets dont nous n’ignorons l’importance et les mobilisations qu’ils représentent. Mieux vaut quelquefois laisser le temps s’égrener lentement et savoir prendre le temps d’une respiration bienfaisante. Il est à craindre qu’il sera toujours tant de mourir asphyxier par l’une ou l’autre de ces pollutions nous gangrenant. Au risque de ne rien changer, c’est ce qui guette l’Humanité, malheureusement !

Mais, revenons à l’objet de notre réveil. Une analyse nous a semblé intéressante et utile de vous communiquer. Il s’agit de : « En finir avec les luttes défensives« , écrite par le sociologue Bernard Friot et publiée dans les colonnes du journal Le Monde diplomatique, du mois de novembre 2017.

Le chapeau de Diplocelle-ci donne le ton : « Les conquêtes sociales de ces deux derniers siècles présentent partout la même limitation : si, en principe, les peuples décident de leur destin politique, il n’est pas question de souveraineté populaire sur l’économie. Remédier à cette hémiplégie n’implique-t-il pas pour les progressistes un changement de perspective : non plus seulement s’opposer aux réformes, mais promouvoir un autre modèle ? » L’auteur nous fait rapidement glisser sur la pente rude et savonneuse d’un système qui, reconnaissons-le, n’a jamais été le nôtre. Il nous dévoile combien, au fil du temps, celui-ci a su se doter, très habilement évidemment, des mécanismes d’adaptation. Cela, bien sûr, au grand dam du plus plus grand nombre.

Dans les multiples rapports qui s’établissent entre les humains, désormais tout, absolument tout est marchandisé. Ce phénomène est à mettre en parallèle avec le savant détricotage des « acquis sociaux », notamment ceux issus de l’après Seconde guerre mondiale. On l’a déjà évoqué dans ce blog : comment le monde ouvrier a-t-il pu baisser les bras et laisser échapper la production de la valeur en faveur du capital ? De plus, comment le système capitaliste a su rompre les liens en brisant la solidarité sociale et économique (le collectif) afin de développer l’initiative personnelle (l’individuel) ?

Voici donc ce qui fait la trame de cette étude intéressante et qui ne peut que nous interpeller. Elle invite à rechercher des pare-feux mais également à la re-création des liens rompus pour une réelle émancipation. La pensée libertaire a son mot à dire car elle n’a de cesse de dénoncer cette situation aliénante. Le chemin n’est pas facile mais il n’est pas impossible non plus. Sinon, comment ne pas crier gare aux multiples dangers qui nous guettent ?

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